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Changer l’eau des fleurs – Valérie Perrin

Note
Année de sortie
2018
Année de lecture
2026
Temps de lecture

« Les gens qui préparent leur enterrement, ils ne sont pas dans la douleur, y a pas la brutalité du départ. Du coup ils dépensent deux fois moins d’argent »

Changer l’eau des fleurs – Valérie Perrin

Découvert sur la table de nuit chez une cliente, je n’ai pas pu m’empêcher de l’acheter lorsque, deux semaines après, il m’est apparu dans une petite boutique de livres d’occasion à 1 €. Un signe, me direz-vous !

Violette Toussaint est garde-cimetière

dans un petit village de Bourgogne. Entre deux tasses de café et l’entretien de son jardin, elle écoute les visiteurs, garde leurs secrets et veille sur ceux qui reposent là. Mais derrière sa douceur se cachent un mariage chaotique et une douleur immense : celle d’une mère qui a perdu son enfant. Le jour où un commissaire frappe à sa porte avec une étrange demande, c’est tout son passé qui remonte à la surface.

Un sentiment de quiétude difficile à expliquer m’a envahie pendant que je lisais ce livre. Je dirais que c’est la brutalité de la réalité qui y est dépeinte, la vie de M. et Mme Tout-le-Monde. Avec des hauts et des bas, la sensation d’y être réellement et de vivre l’histoire de Violette Toussaint, jusqu’à sentir par moments l’odeur du café, de la terre fraîche et la brise du vent.

Lorsque je ne le lisais pas,

je ressentais une sensation d’impatience, celle de rentrer vite à la maison et de poursuivre l’histoire, celle de connaître un nouveau dénouement, ou pas, celle de vraiment replonger dans ma nouvelle vie de garde-cimetière.

Il fait partie des livres que j’ai fini par dévorer, alors que rien ne laissait présager que je l’apprécierais autant. Je m’attendais à un livre plaisant mais oubliable; pourtant, il a suscité en moi un florilège d’émotions : principalement de la colère, de la tristesse et de l’incompréhension.

Ce que je garde de ce livre,

c’est le visage de Violette. Une femme qui pourrait être n’importe qui : une vie banale, un mariage avec Philippe Toussaint qui devait la rendre plus belle, et qui l’a fait basculer dans le chaos, jusqu’à lui donner l’impression d’avoir gâché sa vie.

Mais Violette pourrait aussi être notre caissière, notre banquière, n’importe qui croisé au coin de la rue. Une femme douce, aimable, qui inspire la bienveillance, alors qu’elle-même n’a connu ni reconnaissance, ni tendresse, ni bienveillance dans une vie remplie de malheur. Et pourtant, elle continue de donner.

C’est peut-être ça qui m’a le plus bouleversée : derrière chaque sourire que l’on croise, il y a peut-être une Violette. S’il lui manque un demi-cœur, c’est parce que j’aurais aimé une suite. Retrouver Violette vraiment heureuse, en pleine reconstruction, enfin libre de vivre. Mais c’est peut-être aussi la marque d’un beau livre : on n’a pas envie de quitter ses personnages. Finalement, ce n’était peut-être pas qu’un signe. Peut-être que ce livre m’attendait, quelque part entre une table de nuit et une étagère à 1 €.

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